Utilisations pratiques des robots
Les robots industriels sont presque toujours des robots de substitution utilisés dans trois classes principales dapplications : la manipulation des pièces, la manipulation doutils, lassemblage.
La manipulation des pièces sentend surtout comme une opération de transfert quon rencontre dans tous les systèmes de production, depuis les hauts fourneaux jusquaux verreries, pour le moulage, le pressage, etc. Une application très connue concerne le chargement-déchargement de machines-outils, auxquelles le robot est de plus en plus intégré. Le premier robot commercialisé dédié à cet usage date de 1961, avec le dépôt dun brevet par la firme américaine Unimation.
La manipulation doutils concerne une gamme très variée doutils : chalumeaux pour la découpe de métal, meules pour lébarbage ou le ponçage de pièces, outils de marquage, etc. La soudure par points a pris une large expansion chez les constructeurs de voitures ; la soudure en continu pose encore des problèmes (de reconnaissance de forme). Un autre champ dapplication concerne le traitement de surface par projections diverses. Le premier robot peintre a vu le jour en 1966, proposé par la société norvégienne Trallfa.
Bien que la société Olivetti ait lancé sur le marché le premier robot pour lassemblage en 1975 (robot Sigma), son utilisation était très restrictive sous cette forme commerciale car le robot agissait sans système perceptif capable dajuster à tout instant les conditions conduisant à un assemblage réussi.
Le marché est aujourdhui très demandeur pour cette application qui exige un retour dinformation sur lenvironnement sous la forme de la sensation des forces présentes au niveau des pièces à assembler.
La méthode efficace suit en fait la même stratégie que celle de lhomme assemblant deux pièces. Prenons par exemple le vissage dun écrou sur un boulon : nous amenons les deux pièces au contact en nous assurant, visuellement ou par lutilisation dun chanfrein, quelles sont approximativement centrées ; nous commençons alors à faire tourner lécrou ; si nous sentons une résistance trop vive, nous dévissons et essayons de mieux orienter lécrou par rapport au boulon et recommençons la tentative de vissage jusquà ce que celui-ci seffectue en délivrant une force de résistance que nous jugeons minimale et satisfaisante. Nous pouvons effectuer cette tâche essentiellement parce que nos doigts ne sont pas rigides et que nous ressentons les efforts.
Un robot dassemblage doit pouvoir reproduire ces deux propriétés, ce qui est possible grâce à ladjonction entre lextrémité du robot et loutil dun organe appelé " poignet compliant " ou " complaisant ".
Il existe deux modes de compliance utilisés pour lassemblage. En compliance passive , le poignet accepte de se déformer en présence dune force externe, mais de telle sorte quune des composantes de la force de réaction quil développe ait tendance à favoriser lassemblage de la pièce à insérer. Cest le cas par exemple dun système à trois ressorts disposés entre deux plaques circulaires parallèles qui a tendance à maintenir un cylindre normal aux plaques bien que lextrémité inférieure de ce cylindre ne soit pas exactement sur laxe du système (parce quil commence à sengager dans lalésage qui doit laccueillir).
En compliance active , le poignet est presque rigide. Il ne subit que des microdéformations face à un effort. Les trois composantes de la force ainsi que ses trois moments par rapport à un système daxes trirectangulaires sont mesurés. Linterprétation de ces mesures permet le calcul de la modification dorientation et/ou de position du poignet nécessaire à la poursuite correcte de lassemblage. Cette modification est assurée par le système de commande de robot. Lopération est itérée si nécessaire jusquà réussite de lassemblage.
Depuis les années 1980, les robots de coopération (avec lhomme comme superviseur) ont vu leur proposition de champ dapplications sélargir considérablement dans des domaines aussi variés que le milieu sous-marin (pour lexploration des fonds et laide à lexploitation pétrolière), le milieu nucléaire (maintenance des centrales, démantèlement des installations), les mines (extraction automatique du charbon dans des gisements difficiles), lespace (intervention sur des satellites et des stations orbitales), le génie civil, la construction et le nettoyage de bâtiments, lexploitation agricole (tracteurs automatisés, cueillette des fruits et légumes, entretien des forêts), la sécurité civile (inspection et destruction des objets suspects), les domaines militaire (véhicules et robots fantassins) et médical (réhabilitation des handicapés moteurs), les jeux (robots ludiques), le service domestique (gardiennage des maisons inoccupées, robot " servante "...), etc.
Dans toutes ces applications, quil serait bien trop long de commenter, le robot est mobile. De nombreux problèmes technologiques (et financiers) demeurent à résoudre avant de sortir du stade du prototype.