Structure dun robot
Un robot se compose de sept parties principales : la structure mécanique articulée, la source dénergie, les actionneurs, les transmissions, les capteurs internes, les capteurs externes, le système de commande. La structure mécanique articulée constitue en quelque sorte le squelette du robot ; elle comprend des segments placés généralement les uns à la suite des autres, chaque segment étant articulé et mobile par rapport au précédent. La structure mécanique comporte trois grandes parties fonctionnelles : le véhicule, le porteur, lorgane terminal . La source dénergie peut être dorigine pneumatique, hydraulique ou électrique. Lintérêt de chacune de ces sources se juge daprès les propriétés des actionneurs (les moteurs qui entraînent les articulations) quon peut réaliser, sur lautonomie dans le cas des robots mobiles, et sur le coût de réalisation. Lénergie pneumatique présente quelques attraits : elle est disponible dans les ateliers, sa mise en euvre est simple, le fluide nest pas polluant, elle est bon marché et la maintenance des systèmes pneumatiques est aisée. On rencontre des actionneurs pneumatiques sur les robots (ou manipulateurs) dits séquentiels , cest-à-dire ceux dont les articulations se déplacent dune position sur butée à une autre position sur butée sans possibilité darrêt intermédiaire. Les outils portés par les organes terminaux des robots sont souvent aussi à motorisation pneumatique (pince, perceuse, etc.).Lénergie hydraulique est celle qui développe la force la plus grande par unité de volume ou de poids dactionneur. On la rencontre sur les robots devant déplacer des charges supérieures au millier de newtons.
Lénergie électrique rencontre en général la faveur des utilisateurs ainsi que celle des constructeurs de robots pour des charges à déplacer inférieures à 1 000 newtons. Les actionneurs pneumatiques se présentent sous forme de vérins linéaires ou même rotatifs alimentés via des distributeurs à clapet ou à tiroir monovoie ou multivoie. Il en est de même pour les actionneurs hydrauliques, où lon rencontre des vérins linéaires à simple ou double effet, ou à effet différentiel, ainsi que des moteurs rotatifs accompagnés de leurs servovalves.La plupart des types de moteur électrique semblent avoir été testés sur les robots. Les moteurs pas à pas, attrayants parce que semblant par avance numérisés, cest-à-dire facilement connectables aux ordinateurs, sont très difficiles à maîtriser, car ils sont sujets à une influence considérable de la charge transportée, instables aux basses fréquences et nécessitant une commande sophistiquée, donc onéreuse. On leur préfère les moteurs à courant continu à aimant permanent dont le couple de sortie, indépendant de la position et de la vitesse du rotor, permet une intégration aisée au sein de boucles classiques dasservissement en position.
Les transmissions assurent le lien entre les sorties mobiles des actionneurs et les articulations à mouvoir. De nombreuses techniques sont utilisées : câbles, rubans métalliques, chaînes, courroies crantées ou non, engrenages, etc. Les transmissions sont une source majeure de difficultés, car elles induisent des vibrations, des jeux et des frottements réduisant les performances des robots. La technique de lentraînement direct supprime les transmissions par insertion du moteur au sein de larticulation, laxe du moteur devenant laxe de larticulation ; mais ce que lon gagne en qualité mécanique est partiellement perdu dans laccroissement de difficulté du contrôle. Les capteurs internes , nommés aussi capteurs proprioceptifs par analogie avec lanatomie humaine, sont destinés à donner les grandeurs réelles de la position, de la vitesse et de laccélération du couple développé à chaque articulation, afin dassurer par asservissement le bon suivi des trajectoires commandées.Les capteurs daccélération restant dun coût élevé, on préfère généralement avoir accès à cette grandeur par dérivation de la vitesse.
Linformation sur la vitesse est obtenue soit à laide de génératrices tachymétriques classiques, soit par comptage dimpulsions (un disque à fentes tourne devant une tête optoélectronique), soit par dérivation de la position.
Pour mesurer la position, tous les capteurs habituels peuvent être rencontrés sur les robots : potentiomètres résistifs linéaires et rotatifs, transformateurs différentiels, résolveurs, capteurs capacitifs (pour des microdéplacements), capteurs optoélectroniques incrémentaux, codeurs absolus, etc. Lobjectif des capteurs externes , ou capteurs extéroceptifs , est le prélèvement dinformations sur lenvironnement afin dêtre à même dexécuter la tâche demandée. Il tombe sous le sens que, suivant la tâche projetée et ce quon en sait à lavance (information a priori), la nature et la quantité dinformations à prélever sur lenvironnement varient largement. Or les constructeurs de robots ignorent forcément lors de la conception les conditions complètes dutilisation future. Ils sont donc dans limpossibilité de prévoir les capteurs externes adéquats.Pour surmonter cette difficulté, les concepteurs sinspirent dune analogie anthropomorphique. On remarque aisément que, dans la majorité des actions physiques quun homme exécute, il utilise principalement ses sens de la vision et du toucher.
Un système perceptif faisant appel à des capteurs capables dacquérir des informations à distance (comme la vision) ou au contact (comme le toucher) devrait aider à lexécution correcte de nombreux types de tâches non déterminées à lavance.
On divise usuellement ces capteurs en trois catégories : les capteurs au contact sont nommés tactiles lorsquils sont utilisés pour la reconnaissance géométrique de lenvironnement (par palpation) ; on parle de capteurs defforts lorsque linformation à acquérir concerne une force , un couple , ou un moment ; les capteurs à faible distance , ou capteurs proximétriques , donnent des images de quelques points de lenvironnement local en utilisant les rayonnements infrarouges ou ultrasonores, ou les variations de champ magnétique (pour des objets sensibles à ce champ) ; les capteurs à distance fournissent des images détaillées dun environnement plus global ; il sagit de caméras de type télévision ou de dispositifs à transfert de charges (charge-coupled device , ou C.C.D.).Il faut remarquer que, si le prélèvement dinformations sur lenvironnement pose de difficiles problèmes de capteurs, le tri de ces informations, leur compréhension et la recherche de linformation significative (ou pertinente) pour la tâche en cours constituent une partie algorithmique très délicate.
Le système de commande dun robot comporte nécessairement deux modules fonctionnels pouvant cependant sappuyer sur la même structure physique : le premier module sert à lapprentissage du robot ; le second module est utilisé lors de lexécution de la tâche apprise. Comme on classe souvent les robots à partir de leur système de commande, ceux-ci peuvent être très divers. Les robots à fonctionnement séquentiel (ou " en tout ou rien ", ou pick and place ) ne possèdent généralement pas de capteur externe. Leur système de commande fera appel à des logiques à relayage électrique ou à des logiques pneumatiques ou, le plus souvent, à des automates programmables . Pour les robots dotés dasservissements, le système de commande est constitué généralement dun minicalculateur ou de microprocesseurs.