Des poèmes inédits aux couleurs locales

Par H.Jamy

Création poétique 

 

 

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La Case Créole.

Couverte de bardeaux, bordée de lambrequins,
La Case Créole est belle sous cette dentelle.
Sa silhouette gracile se détache du ciel,
Ce voile immense, d'un bleu serein.

De toutes parts sculptée, façonnée avec soin,
Elle accueille ses hôtes sans le moindre dédain,
Ouvrant les portes de son sublime jardin
A celui qui sait lui tendre la main.

Parsemée de jasmins et de roses d'antan,
Elle libère ses encens à la tombée du jour.
Se défiant du bitume, des cyclones et des ans,
Elle survit comme un rêve avec beaucoup d'amour.

Et pour découvrir toute son intimité,
Glissez-vous sans mot dire par sa porte entrebâillée,
Marcher à pas feutrés sur son parquet de tamarin
Pour contempler tous les bijoux de ses écrins.




Côtes Sauvages


Paysages tourmentés d'une beauté sauvage,
Aux terres volcaniques jetant leurs caps à la mer
Dans une eau tumultueuse, aux milles ravages,
Couronnée d'écume, aux grondements austères.

Par leurs racines enchevêtrées dans un sol basaltique,
Les Vacoas s'élèvent, majestueux et mystiques,
Pour saluer de leurs feuilles épineuses,
La baie insolite et houleuse.

Au dessus de cette tourmente,
Deux Paille-en-Queue planent sans ébats
Sans se soucier de tout ce fracas,
Pour scruter la proie qui les hante.

Champ-Borne, Saint Philippe, Sainte Rose,
Sont les lieux où se joue cette scène grandiose,
D'une beauté si rare que personne ne s'en prive
Quand la nature rebelle déploie sa force vive.


MENACES CYCLONIQUES

Immense tourbillon pourvu d'un oeil,
Tu laisses planer autour de toi une terrible menace
Lorsque tu recouvres de tes volutes tenaces
Terres et mers que tu domines avec orgueil!

Le lourd silence qui précède tes ravages
N'est qu'un mauvais présage...
Voici le vent strident, il hurle sa complainte,
Écrasant cases et végétations sous ses étreintes!

Des trombes d'eau ébranlées par de violentes rafales
S'abattent avec fracas sur les maigres tôles,
Les ravines en crues charrient terres et galets du sol
Et déversent leurs flots furieux que l'océan ravale!

L'océan, lui même, déchaîné,
Catapulte ses vagues sur la Route en Corniche
Où l'automobile emprisonnée
Évite la falaise et ses avalanches.

A l'intérieur des cases, à la lueur des bougies,
La famille attend, silencieuse, la fin de ce cauchemar
Dans un air moite et appesanti,
Saturé par un éternel brouillard.

Après ton départ, tristesse et désolation!
Paysages affligés, cultures perdues!
Sont les marques de ton passage à la Réunion
Sur des terres jonchées d'arbres abattus...

 


ERUPTIONS



Les badauds s'acheminent vers tes lueurs rougeâtres,
Sur des sentiers tortueux où vont les pas folâtres,
Pour contempler un spectacle irréel
Dont tous ressentent l'irrésistible appel...

Après quelques heures d'une longue ascension,
On découvre avec stupeur ton magma en fusion
Qui s'écoule d'une gueule béante
Ne contenant plus son flot de laves incandescentes.

Soudain, un sourd grondement aux senteurs de souffre
Remonte de tes entrailles jusqu'au sommet du cratère!
Fontaines de laves vertigineuses, jets de vapeurs, s'échappent du gouffre,
Brasier dantesque aux gorges d'enfer!

Sans relâche, le souffle pulvérise la matière,
Dissémine sur les flancs une myriades de bombes!
Tandis que par saccades, les cordes de lumières,
Scandent leurs révoltes de feux et de bribes!

Et lorsqu'au bout d'une longue cavale,
La roche fluide rencontre l'océan...
Explosions! Panaches! Bouillonnements!
Attestent la furie de ces éléments
Tandis qu'un cap naît... de ce divorce magistral!

 



LE MARDI FOU (poème pour les enfants)


C'est Mardi Gras dans notre école,
Comme on s'amuse! Comme on rigole!
Avec nos masques et nos grimaces
Dans le défilé qui passe.

Joues rouges, cheveux verts,
Pantalons lâches et chapeaux de paille,
Sur les enfants tout fiers
Qui se tortillent et qui piaillent!

Sifflets, flûtes et tam-tams
Cognent, roulent, secouent,
Pour fêter le jour fou
Que tout le monde acclame!

Comme on s'amuse! Comme on rigole!
Dans notre école!

Et deux poèmes pour la fête des mères :

Maman,

Tu consoles mes peines
Avec
tendresse,
Tu es celle que j'aime
Comme une princesse.

Ton cœur est fragile
Et ta
mine pâle.
Je ne veux pas te faire de mal,
Toi qui es douce et agile.

Tu es la fée de la cuisine
Avec tes tartes et
amandines,
Tes petits plats
Et ton chocolat!

Tu apportes la joie
A tous ceux qui te voient.
Un grand bonheur
Irradie ton cœur...

Maman bonheur,
Maman douceur !



Minuit,

Accoudée à sa fenêtre
Où elle vient juste d'apparaître,
Les joues rondes comme des prunes,
Voici
Maman !...
Sous quelques rayons de lune.

Les cheveux baignés de lumière,
Elle semble adresser ses prières
A sa famille, à l'Univers,
Dans le plus grand
des mystères.

Et dans cette douce magie,
Belle, tendre,
assagie,
Elle nous regarde et nous sourit
Avec ce
charme inouï
Dont tous les hommes sont épris.

Elle nous apporte le réconfort
Par la chaleur de son corps
Et calme nos
détresses
Par ses douces caresses.

Voici Maman...ce bouquet de tendresses!

Un poème pour les marmailles !

NOEL A LA REUNION.

Au bout de ses
branches,
Comme une avalanche,
Des grappes qui bougent,
En écorce
rouge ...

Comme un parasol,
Au dessus des tôles,
Le Flamboyant étale,
Sa robe de
Pétales.

C'est bientôt
Noël,
Sous notre
beau ciel,
A la Réunion,
Dans toutes les maisons,
Le père
Noël passera,
Avec sa hotte de
Vacoas.

Poèmes envoyés par les internautes :

L'île de la réunion

Fumerolles nuageuses
Indisciplinées et moqueuses
Du regard de l'étranger
Figé mais émerveillé
Ravines et radiers
Exposant vos gros rochers
Inaccessibles comme oubliés
Au creux d'une nature sauvegardée
Estomaquée par tant de beauté
Pitons et monts remaniés
Seuls connaissant la vérité
L'humain si fier de les approcher
Sans jamais les domestiquer
Nuages sans cesse en mouvement
Seuls maîtres du temps
La rivière des remparts sous mes pieds
Emue par tant de majestuosité
Impression d'irréalité
Mais une immense odeur de liberté.

christiane Niard Cochelin 
juillet 2002

PASSION REUNION

Cette île nous y avons atterris
Sans même nous connaître 
Elle nous a accueillis

Tu est un savant mélange entre mer et montagne
Douce mais épicée
Calme en ton centre
Et agité sur tes cotés

Ton cœur de braise se nomme « la Fournaise »
Dans tes entrailles 3 cirques sauvages
Et sur tes flancs bordés de filaos
Les lagons s’étendent semblable a des mirages

Forte d’un métissage étonnant
Venu des quatre coins de l’océan
D’île bourbon 
Tu est devenu Réunion

Mélange de couleurs, d’odeur et de saveur
Nous en rêvions depuis toujours
Ce pays c’est le plus beau du monde
Notre île de la Réunion

Le cœur lourd, les yeux mouillé
Par deux fois nous l’avons quitté
Mais cette fois je te le promet
Nous allons y rester.


Isabelle TEISSEDRE, 19 ans (Z’oreille)

 

Je suis Z'oreille, je m'appelle Céline et j'ai 18 ans
flamboyant@compuserve.com

Une Z'oreille et l'île de La Réunion

Je t'ai aimé et je vais te quitter,
Ile de La Réunion, j'aime ton nom!
Ma Réunion, j'aime tes émotions!
Sache que jamais je ne t'oublierai...

Je ne peux rester dans mon île aimée!
A ton peuple qui rêve d'évasion,
Je cris : "On est bien à La Réunion!"
Car moi, en te quittant, je vais pleurer.

J'aime tant tes très beaux paysages :
Tes montagnes, cirques et tes plages,
Ton Volcan? Je l'ai bien crapahuté.

Tes réunionnais sont vraiment gentils,
Et je me suis fait de très bons amis,
Imprégnée de toi, je te reviendrai

 

Mafate ou plutôt bout du monde

Tu es un cirque inconnu de la plupart des réunionnais,
Sauf par tes individus, car tu n'es accessible qu'à pieds.
Mais moi, Z'oreille, j'ai osé pénétrer dans ton ventre,
Et je te trouve merveilleux.

Tes parois gigantesques, tes nuages, ton soleil, ta constellation,
Tes quelques maisons, tes mafatais, ... sont géniaux,
Tu es la seule randonnée aussi longue,
Que j'ai accepté de refaire.

Pour la deuxième fois, et peut-être dernière, que je viens te rendre visite,
Malgré les deux journées séparées pour arriver à La Nouvelle,
Et la voiture que nous nous sommes fait fracturer au Col des Bœufs,
Je vais te regretter énormément,
Et garder des films et des photos de toi,
Mais aussi des milliers d'images dans mon cœur.


Réunion
Pays de mon enfance,
Pays de mon adolescence,
Tu me manques.
Pays de mes peines,
Pays de mes joies,
Tu me manques.
Infidèle à ton amour, je suis partie en pensant pouvoir un jour te remplacer par un autre pays
Mais, en revenant à toi, après plusieurs années d'absence, je me suis rendue
compte que jamais, aucun autre pays ne pourra un jour te remplacer.
Aujourd'hui encore, je vis loin de chez toi, mais mon cœur y est encore.

Un  poème de Kelly:
Réunion

Pays de mon enfance
Pays de mes souffrances
Je suis parti à l'adolescence
Je t'ai laissé mon insouciance
Je ne te revois que pour les vacances
Te quitter est toujours un choc immense
Car mes souvenirs heureux sont trop intenses

Un jour je reviendrai
Pour toujours je resterai
Car c'est mon île et elle me plait
Et de cet éloignement je garde un plaie
Ouverte depuis trop longtemps et à jamais
Mais un jour prochain je sais je la refermerai
Ce jour où mon île pour toujours je t'appartiendrai

Kelly, une créole de métropole...